CRIAVS Midi-Pyrénées : "VIOLENCES SEXUELLES ET SEXUALITES EN INSTITUTIONS"

TOULOUSE

unnamed file Le questionnement autour des conduites sexuelles des usagers dans les institutions qui les prennent en charge est récent et s’inscrit dans un ensemble d’évolutions sociales. Il soulève des enjeux cruciaux chez les professionnels qui se retrouvent parfois en difficulté, embarrassés ou divisés face à certaines situations jugées problématiques.
Qu’en est t-il de la sexualité et des violences sexuelles dans les institutions prenant en charge des personnes considérées comme vulnérables, conjoncturellement ou durablement, (malades, personnes en situation de handicap, personnes âgées) ou à statuts particuliers (détenus, mineurs, majeurs protégés) ? La notion de sexualité renvoie à un ensemble de pratiques et de registres normatifs différents : sociaux, moraux, culturels mais aussi juridiques. En effet les pratiques sexuelles sont rattachées à un ensemble de droits mais également de limites. Les droits à la sexualité s’articulent autour de la notion de liberté sexuelle tandis que la pierre angulaire des limites est celle de consentement.
    Les normes juridiques encadrant les pratiques sexuelles soulèvent un ensemble de contradictions dans le cadre de prises en charge institutionnelles de certains publics. Comment évaluer la notion de consentement chez des personnes considérées comme vulnérables? Ou chez des personnes faisant l’objet de mesures de protection juridique ? De la même manière comment garantir la liberté sexuelle pour des personnes privées de liberté? Dans quelles mesures la limitation pratique de cette liberté ne constitue-t-elle pas un abus institutionnel? D’un autre côté ces institutions ne sont pas épargnées par les violences sexuelles, qui posent la question de la responsabilité des professionnels face à ces actes et les renvoient à leur devoir de protection des personnes accueillies.
Les contradictions entre le devoir de respect des individus et les logiques institutionnelles permettent à la fois de questionner la sexualité des publics «à la marge», et la façon dont elle peut être perçue, mais également d’interroger les positionnements des professionnels.
    Ces deux journées d’études viseront à apporter des éléments d’éclaircissement sur ces différentes questions. Elles articuleront des interventions de chercheur-ses et des interventions de praticien-nes de terrain ou représentant des institutions.