ADOLESCENCES ET SEXUALITES

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La sexualité  des adolescent.e.s  est souvent perçue comme préoccupante par les adultes qui les entourent ou qui les accompagnent. Ces inquiétudes témoignent autant des difficultés auxquelles les adolescent.e.s peuvent être effectivement confronté.e.s dans leur développement psychosexuel et leur découverte de la sexualité, que des représentations des adultes sur ce que serait une sexualité       «normale» au regard des évolutions sociales et des différences générationnelles. Elles témoignent également des difficultés à traiter de manière professionnelle cette question puisque, comme le rappelle le chercheur Christophe Adam, parler de la sexualité avec les personnes prises en charge c'est souvent prendre le risque d' "exposer son propre rapport à la sexualité".

Différentes réponses professionnelles ont été développées sur ces questions. En particulier la naissance de l’éducation sexuelle qui témoignait initialement d’une volonté de gestion des risques associés à la sexualité adolescente (transmissions infectieuses, grossesses non désirées, violences sexuelles). Aujourd’hui les préoccupations autour de la sexualité des adolescent.e.s se concentrent autour des pratiques liées au développement des nouveaux moyens d’information et de communication qui apparaissent très diverses dans leurs enjeux et leurs implications : accès à la pornographie, messageries virtuelles, présentation de soi et exposition de l’intimité sur  les réseaux sociaux. Pour autant l'éducation sexuelle se réduit-elle à la gestion des risques ? Quelle est la place accordée aux notions de plaisir et d'affectivité ? Dans quelle mesure est prise en compte la pluralité des expériences sexuelles et affectives ?
Les professionnel.le.s qui accompagnent des adolescent.e.s sont porteurs d’une mission de prévention et d’éducation mais ce sujet embarrasse et dérange. Bien souvent ils et elles se trouvent pris.e.s dans une injonction à parler et à gérer une sexualité adolescente mais avec comme seules bases leurs représentations et de leurs projections qui sont empreintes des inquiétudes du monde adulte. Ce paradoxe renvoie à de nombreux questionnements : en quoi la sexualité adolescente serait différente de la sexualité adulte ? Peut-on parler de sexualité avec un discours qui ne soit pas normatif ? Avec quels objectifs parler de sexualité et avec quel.le.s adolescent.e.s ? Comment faire avec la sexualité des adolescent.e.s en institution sans tomber dans le piège du contrôle abusif et sans fermer les yeux sur les risques ?
Cette journée d’étude se propose d’aborder ces questionnements par des interventions articulant des données de la recherche et celles issue du terrain des prises en charge.